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 La photographie ,un grand art .... 
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:: Harry Gruyaert ::

 
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clément
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Joined: 29 Oct 2007
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Localisation: Lyon

PostPosted: 06/11/2007 14:03:49    Post subject: Harry Gruyaert Reply with quote

Harry GRUYAERT
Né à Anvers en 1941

S’il en est encore qui se demande quel est l’apport de la couleur dans la photographie, Harry Gruyaert devrait pouvoir apporter à cette juste interrogation quelques éléments de réponse. Il suffit de feuilleter, de voir quelques clichés pour comprendre cette évidence de son travail : il n’y a pas de place ici pour le noir et blanc, ou plutôt, comme on le verra, il n’y a pas de place pour la bichromie et les gris en demi-teinte. Car du blanc il y en a parfois dans cette œuvre, et du noir, il y a en presque tout le temps. Seulement, ils sont traités comme les rouges profonds, les verts bonbon, les jaunes denses et les bleus électriques.
Parce qu’on hésite souvent, non pas lors de la prise, mais lors du post-traitement, entre couleurs et NB, l’interrogation subsiste. En argentique, la question se pose en amont, simplement parce que c’est la pellicule choisie qui déterminera le résultat. Le choix est donc une prise de parti qui se fait a priori. Il est ainsi une prise de position esthétique forte. Dans notre ère numérique, cette interrogation se fait très souvent a posteriori, les yeux rivés sur l’écran : on essaye un passage au NB, on regarde l’originale couleur, et on hésite. De fait, il n’y a pas une photo traitée de deux manières différentes, mais véritablement deux photos distinctes. On hésite.
Harry Gruyaert n’hésite pas. Harry Gruyaert impose la couleur. Et parce qu’il l’impose, la question ne vient jamais à qui contemple ses œuvres d’une éventuelle version NB. Non. Harry Gruyaert, dès le début, s’intéresse à la couleur.
Il l’explore et il la torture. Il l’apprivoise.
Il suffit de quelques images pour se convaincre que HG ne pense pas la couleur dans la perspective de la sempiternelle (et désormais futile à mon sens) problématique du degré de réalisme de la photographie. On entend souvent : le monde est en couleur, photographions-le en couleur. Il y a longtemps que la photographie a fait le choix de ne plus s’intéresser uniquement à la réalité, à la représentation fidèle de celle-ci. La photographie déborde très rapidement de son couffin encore tout chaud pour aller jeter un œil du côté de sa sœur (ou plutôt sa cousine) la peinture. HG ne s’intéresse pas au degré de réalité et de réalisme de ses clichés. C’est parfois le boulot des photographes humanistes, qui pour le coup, préfèrent toujours le NB. HG ne fait pas de la couleur pour faire plus vrai. HG, donc, ne cherche pas à faire réaliste (certaines de ses photos témoignent même d’une tendance à faire du « fantastique », au sens entendu par Todorov qui définit le fantastique comme l’hésitation entre réel et irréel, par la survenue dans le réel d’éléments qui a priori n’en font pas partie). HG cherche à faire de la couleur. A faire. Non pas simplement à retranscrire, à témoigner, à reproduire. J’aime HG parce qu’il ne photographie pas ce qu’il voit, mais ce qu’il aimerait voir, ce qu’il aimerait qu’on voie. Sa photo, en somme comme celle de beaucoup de photographes, ne donne pas à voir ce qui est, mais ce qu’il y a, dans un espace qu’il bâtit dans son cadre, un espace non pas en couleurs, mais de couleurs. Montrer non ce qui est, mais ce qui pourrait être, autrement dit montrer les potentialités du réel, qui sont des potentialités de regards portés sur celui-ci. Quand on regarde ses clichés, on comprend son regard : c’est la couleur qui organise l’espace. La couleur comme architecte, bâtisseuse de champs de vision qu’il explore comme aucun autre.
HG n’est pas qu’un photographe de la couleur, il est un photographe de l’espace.
Ses clichés montrent souvent des perspectives magistrales, depuis le centre, dans une symétrie qui parfois déstabilise par son degré de perfection géométrique, à la manière des peintres renaissants qui s’amusaient à imaginer des cités idéales. Ou bien, il se dégage du centre pour offrir une vision non pas tordue, mais différée. Le centre de l’image n’est plus le point de fuite. Le point de fuite n’est plus dans l’image. HG déplace la perspective, car la couleur, cette fois, offre autre chose. Ou encore, quand HG n’est pas en perspective, ce sont de grands aplats, ou plus exactement, des mises à plat de l’image. HG rappelle alors que la perspective est une invention liée à nouveau mode de voir et d’appréhender le monde. Si bien qu’on retrouve parfois dans ces clichés des sensations étranges, les mêmes que devant la peinture d’avant la perspective. Giotto photographe. L’image ne rend alors plus compte de l’espace dans sa profondeur, mais dans sa hauteur ou sa largeur. L’image triche, l’image refuse le réel pour donner à voir des éléments mis sur un seul et même plan, unique.
La place de l’humain là-dedans ? J’ai dit que HG n’est pas un photographe humaniste. Parce que HG ne montre pas l’humain, il le fait deviner, ou bien il le déplace en périphérie. HG est un photographe humaniste pour la question qu’il pose de la place de l’homme dans ces espaces saturés de couleurs, tantôt d’une vertigineuse profondeur (perspectives), tantôt d’une angoissante platitude (mises à plat). Comment l’humain s’inscrit-il dans les paysages qu’il bâtit et qu’il a semble-t-il tant de mal à occuper ? Est-il seulement capable de trouver sa place ? C’est la question que l’on se pose quand HG présente des déserts urbains.
C’est alors qu’on remarque ce qu’on ne voit pas : le noir. HG est un photographe de la lumière, de ces jeux improbables entre ombres profondes et lumières saturées. L’humain est dans l’ombre. Mais incomplet. L’ombre disloque les corps. On devine plutôt qu’on ne voit, un bras, une main tenant une cigarette, un buste affalé. L’homme est derrière la vitre embuée d’une laverie automatique, l’homme est dans l’écran d’une télé allumée dans un salon vide et déserté, l’homme est une silhouette noire devant un tableau de Magritte. L’homme est sans visage quand il est déguisé. L’homme fait corps avec un feu de circulation ou un réverbère. Bref. On a l’impression que l’humain n’est pas là où il devrait être, pas là où il aimerait être. Il cherche sa place, timide et hésitant. Très souvent dans l’ombre. Et quand HG use du flash (d’une manière qui pourrait parfois rappeller celle de Martin Parr) c’est pour braquer un projecteur trop intense et trop court sur des adolescents en boîte de nuit, une femme en sous-vêtements allongée dans une boîte pleine de tessons de verre. L’homme se cache. Dans le noir que vient défier un flash, dans des vêtements qui se confondent avec le décor, sous des voiles, derrière des murs de briques ou des costumes napoléoniens. HG n’est pas un photographe humaniste, parce que l’humanisme est la reconsidération de l’homme, perçu au centre de l’univers. Les personnages qu’on voit dans ses clichés rôdent majoritairement dans les périphéries de l’image, ou s’ils sont au centre, c’est pour montrer ce qu’il y a derrière et autour, c’est pour dire la solitude et la difficulté à être.
Alors HG guette des traces. Une planche et un fer à repasser à côté d’une porte close d’une chambre d’hôtel (Hereford, 2002), une télé allumée (Plateau dans le studio NNN TV, 1996), une fête foraine abandonnée (Essaouira, 1976), des chaises vides… Ce sont des traces, des traces de couleurs, qui indiquent ce qui a été et ce qui manque. C’est peut-être ce manque que vient parfois combler la couleur. C’est ce manque que vient combler la photographie elle-même : photographier des déserts urbains, c’est dire que ce ne sont pas tout à fait des déserts, puisque quelqu’un y est, qui en témoigne par une photographie, preuve plus que tangible de la présence, du passage.
Dialogue, donc, entre ce qui est et qui n’est pas, entre le recherché et le deviné, entre le noir et la couleur.

Et puis, parce que décidément, on ne peut y échapper, se pose la question du lien et des rapports entre peinture et photographie. Simplement, me semble-t-il, parce que la photographie s’est imposée historiquement par le noir et blanc, donc en partie par sa forme. Dès qu’elle s’exprime en et par la couleur, elle rôde dans le champ d’investigation qui est celui de la peinture (même monochrome). C’est bien par la couleur que la photographie vient quereller la peinture (occidentale, car dans ses traitements noir et blanc, comme l’ont montré récemment Soizic et Max avec leurs brumes, elle entre plus en contact avec la peinture traditionnelle chinoise et ses nuances d’encre de Chine), c’est parce qu’elle s’octroie le privilège des pigments qu’il y a une tension entre ces deux domaines qui semblent alors rentrer en concurrence. Mais pas seulement. Peinture et photographie son deux media, qui se rejoignent tout bêtement sur le fait de donner à voir. Simplement, la peinture choisit ce qu’elle veut offrir aux regards. Elle sélectionne. La photo, par son origine presque exclusivement documentaire, tendait initialement à tout montrer, même ce qu’on ne voit pas. Parce qu’on ne le voit pas. Mais c’est ignorer un peu un simple fait, mais tout à fait déterminant : cadrer, c’est déjà choisir de montrer, c’est déjà sélectionner parmi le réel, et parfois au-delà ou en deçà. Mais dans ses premières heures, la photographie était documentaire, industrielle, scientifique, et louée pour tous les détails qu’elle était capable d’offrir. L’œil mécanique et mécanisé, la machine, surclassait la main du graveur et le pinceau de l’artiste. La photographie tendait à « tout » montrer (sauf l’homme, absent des premières conquêtes urbaines de la photo, ou bien sous forme de portrait). La peinture, elle, encore une fois, refuse de reproduire toute la réalité malgré les vieilles poétiques aristotéliciennes, pour n’en offrir que ce que l’artiste en aura voulu extraire. Dans cette perspective, on peut affirmer, je crois, que HG peint. Tout montrer ne l’intéresse pas. HG n’est pas un reporter. HG peint parce qu’il est le photographe de la couleur et surtout, de l’ombre. Les grandes zones d’ombre si caractéristiques de ses clichés (notamment ceux du Maroc, mais pas seulement) lui permettent de sélectionner, de choisir ce qu’il y a voir, ce qu’il à montrer. Ces grands aplats noirs insondables sont pour lui le moyen de désigner le réel, et de le trancher. De le sculpter. Matisse et ses ciseaux dans des grandes feuilles bleues, rouges, vertes…
L’ombre, le noir, c’est un peu les ciseaux de Matisse dans l’œil de HG.

Mais tout cela est sans doute trop théorique et abstrait. Concentrons-nous sur certains clichés (que je rêve d’avoir en grand sur mes murs !).

TV Shots, 1972
HG s’est rendu célèbre par une série de photos assez singulières, de 1972, appelée TV Shots. Il s’agit de photos d’écrans de télévision diffusant athlétisme, publicité, émissions de divertissements, reportages… L’image est bidouillée grâce à un bricolage de l’antenne qui modifie la réception. Pourquoi ? Pour les couleurs. Les couleurs de TV Shots sont à la limite du soutenable, criardes, psychédéliques, acidulées, saturées à l’excès. La qualité de l’image, qui est la capture d’une image préexistante, est d’une texture qu’on dirait aujourd’hui « pixelisées » due à la qualité des écrans de télé d’alors. La photo crée et s’enferme ainsi dans un cercle clos : l’image est reproduction, non pas du réel, mais d’une autre image, finalement d’elle-même. Elle est double et seule la couleur (trafiquée par la réception) permet de transcender ce problème de l’image qui se reproduit. Avec ce travail sur la couleur, on devine donc que le but n’est pas de recréer une image, mais de capter, capturer l’éphémère coincé entre deux éphémères (l’image en mouvement). Ainsi, il est n’est plus question de reproduire, mais de dériver, comme le faisait Andy Warhol avec ses sérigraphies qui montraient comment la reproduction, application à l’art du système de la production de masse, abîme l’image. TV Shots est indéniablement influencé par le Pop Art, pour les couleurs, pour le parti pris des images qui ne se doivent pas d’être belles, mais abîmées, à tel point que parfois elles s’échouent pour certaines à la limite du visible. Les visages sont imprécis, les visages deviennent comme l’essence d’un visage, et pourtant flous, baveux. HG réussit ce pari insensé et périlleux de l’art visuel : l’image ne renvoie pas (uniquement) à ce qu’elle reproduit, mais à ce qu’elle rappelle et à ce qui lui échappe. Elle ne témoigne de rien, elle ne raconte rien. La photo telle qu’elle est pratiquée dans cette série parle de sa propre distorsion (celle des couleurs et des lignes). C’est bien cette distorsion qui fascine HG, au-delà du simple fait de montrer un zapping qui met sur le même niveau émissions sportives, films, publicités. Et puis, en photographiant l’image animée, HG bloque le mouvement. Plusieurs photos donnent une séquence animée. Ici, HG inverse l’histoire des techniques, et fait d’une séquence animée une image fixe, et revient à la photo par la télévision.

Paris, 1975.
La photo présente une terrasse minimaliste : deux tables roses, derrière lesquelles on trouve des chaises rouges. Derrière, un mur vert, et le rideau jaune de l’entrée du café sans doute. Deux grandes zones d’ombre : à gauche (un quart) et au centre, derrière l’une des chaises, entre le mur vert et le rideau jaune. La vue est une perspective dont le point de fuite n’est pas présent dans l’image, mais qui serait à gauche. La lecture pourrait donc se faire, selon cette perspective, à l’inverse de son sens habituel, de droite à gauche. Mais, dans la zone d’ombre à gauche, on devine une dame qui marche vers la droite : on voit le haut de son bras droit, le haut de l’épaule, et un bout de sa main gauche qui tient une cigarette. Entre ce bras droit et ce bout de ma gauche, une bande noire, d’ombre. La femme est coupée en deux. C’est l’œil qui imagine dans cette ombre l’union d’un corps disloqué par la lumière. Le corps n’est pas entier, les bouts de corps sont à gauche de l’image, proche de l’objectif, hors de la zone de netteté. Ce qui est net et ce qui se voit, c’est ce spectre de couleur vert rose marron rouge jaune (mur, tables, chaises, mur et rideau). Ces couleurs composent l’espace et la photo. HG ne photographie pas la couleur pour ce qu’elle pourrait avoir de réaliste, mais parce que la couleur organise son image. Comme Matisse à la fin de sa vie qui découpe directement dans de grandes feuilles de couleurs, faisant ainsi coïncider directement la ligne et la couleur, le contour à la surface, HG sculpte l’image par la couleur. Ce sont les couleurs, encore une fois, qui bâtissent et organisent l’espace à voir. Les couleurs sont l’espace.

Toilettes d’une discothèque, Lille, 1994.
Les toilettes sont circulaires. Les murs sont recouverts de carreaux violets brillants et rappellent, à cause de la circularité de la pièce, les jeux de géométrie de Vasarely. Des miroirs couvrent l’ensemble de ce mur rond et reproduisent ainsi, avec à chaque fois un angle de vue différent, un endroit qu’on ne voit pas directement ni autrement que ces reflets : la porte rouge des chiottes et le sèche-mains automatique rouge aussi. En dessous de ces miroirs, un grand lavabo qui suit lui aussi la forme circulaire du mur. Toute la photo est dans des tons électriques violets, avec ces tâches rouges que sont les reflets du sèche-mains. Autre la splendeur de l’image, très graphique, l’intérêt ici est dans ces reflets qui pourraient apparemment ne jamais s’arrêter. Avec une image, HG propose une série de cinq ou six images. On croirait que l’espace se répète, mais les reflets diffèrent tous et ont chacun un point de vue différent qui pourtant, joint les uns aux autres, ne donnent pas à voir entièrement le lieu qu’ils représentent. L’image se démultiplie au sein d’elle-même sans se ressembler. Et dans tous ces reflets différents d’une même chose, pas un visage, ni aucun corps. On se demande où s’est mis HG pour ne pas se refléter lui-même dans ces immenses miroirs qui paraissent se refuser à montrer une quelconque présence humaine. Mise en abîme du travail du photographe ? Peut-être. Cette quête d’homme ou de traces dans des lieux à la géométrie et aux couleurs si fortes, peut-être justement trop fortes pour ne pas les habiter.

Commémoration de la bataille de Waterloo, région de Brabant, Belgique, 1980.
L’une des plus impressionnantes je trouve, et aussi sans doute la plus drôle. Comme l’indique le titre, il s’agit d’une procession de soldats napoléoniens qui défilent dans une rue, par rangs de quatre. L’image est magistralement structurée en trois : au tiers gauche, une rangée de quatre soldats qu’on voit de dos, vêtus pareil et étrangement de la même taille. L’extrémité de cette rangée, le bras du soldat le plus proche de l’objectif, coïncide avec l’arête d’une façade noire (parce que la lumière vient de derrière). Cela fait une ligne franche hallucinante, faisant s’intégrer les soldats à cette masse noire qu’est la façade. Au milieu de l’image, dans l’ombre, entre cette façade et un autre bâtiment qu’on voit dans le tiers droit, une voiture verte. Le capot est rogné par l’autre rangée de soldat (on en voit trois) qui défilent devant cet autre bâtiment (mur en pierre avec une diagonale qui le coupe en deux, une partie en lumière et l’autre dans l’ombre). Les lignes sont tellement nettes, qu’à la première vision on a l’impression d’un montage. C’est vraiment ahurissant. Cette improbable voiture est là qui détruit toute la vraisemblance d’une commémoration historique. On pourrait croire à une parfaite photo des armées napoléoniennes qui défilent dans un quelconque village, mais cette voiture, coincée entre ces deux rangs de soldats, vient briser toute vraisemblance et illusion de réel (comme on dit dans le jargon littéraire). Le sujet n’est plus le défilé, mais la voiture, où comment s’insère dans une réalité truquée et mise en scène (le défilé napoléonien), une autre réalité, à la base plus « réelle » ai-je envie de dire (parce que la voiture est contemporaine de la photo), mais qui se retrouve mise en crise par la présence de ces soldats. L’incongru n’est plus le travestissement et la mise en scène des adorateurs de Bonaparte, mais bien la réalité du monde dans laquelle s’insère ce défilé. Avec cette image, HG renverse le régime du réel, grâce à la juxtaposition antithétique d’éléments contradictoires qu’il fait éclater sous la forme d’une surprise. L’image est proprement surréaliste (brouillage des frontières entre des éléments de différentes réalités, esthétique du choc et du collage). Grâce à une technique et une attention sans faille. Et là encore, pas un visage, et une uniformité inquiétante de la silhouette humaine.

Région de Msemir, Haut Atlas, Maroc, 1976.
HG s’est aussi distingué par les clichés qu’il a ramenés du Maroc. Pour y être aller, et pour mieux connaître le bonhomme que moi, Francis saura certainement mieux nous en parler.
Quand j’évoquais tout à l’heure ces mises à plat de l’image, cette image en est un très bel exemple. L’ensemble de l’image est baigné d’une lumière que j’imagine de fin de journée, ocre. Dominante marron, avec sur le haut de l’image des aplats verts (les cultures agricoles). Et une tâche rouge pétante, le bandeau nouée sur la tête d’une jeune fille au premier plan qui porte un enfant dans le dos. La jeune fille est coupée au niveau de la taille. Le terrain est en pente et s’achève par une sorte de balustrade de terre au-delà de laquelle se profile ce paysage d’oasis, et derrière encore, les contreforts des montagnes. La PDC de HG fait que tout est net. On dirait vraiment du Giotto, dû aussi à l’uniformité des teintes. L’image est à lire verticalement, et non plus horizontalement : d’abord cette fille et son enfant, puis cette balustrade, puis ces champs verts, et enfin ces reliefs. La photo est ainsi construite en strates, toutes nettes, qui font qu’on ne distingue pas tout d’abord l’ensemble de l’image. On croirait que cette balustrade, ces champs et ces reliefs ne sont qu’un, sorte de mur peint sur lequel se détacherait la fille (à la manière d’un bas-relief). Tout, en plus, semble être figé : la fillette ne semble pas passer, elle est comme inscrite dans ce plan uniforme qui nous fait nous arrêter un moment pour comprendre un peu tous ces niveaux aplatis. Autre présence, une femme, vraisemblablement, de dos, voile sur la tête et sorte de poncho à rayures sur le dos. Entre elle et la fille qui nous est plus proche, rien ne semble passer. Elles s’ignorent si superbement que c’est l’image seule qui réussit à les réunir dans cet instant qui n’en semble pas un. Fixité de l’espace, fixité du temps. La PDC aplatit tout, et il faut la ligne du toit d’un bâtiment sur la gauche pour persister à croire qu’il s’agit pourtant d’une perspective. Perspective, mais sans point de fuite, noyé dans l’oasis.

« He is a half mind », Jaisalmer, Inde, 1976.
Là encore, superbe exemple de ce côté Giotto. Sur la gauche, un mur blanchâtre devant lequel se tient un homme en toge grise, les bras croisés sur sa poitrine à la manière des momies, les pieds dans un bac (c’est sans doute lui qui n’a que la moitié de son esprit !). Après ce pan blanc, le mur fait un angle et crée un espace ocre sombre, marron. Après, c’est un autre mur, cette fois plus clair avec une porte, sur la droite de l’image, encadré de blanc. Sous cette porte, une sorte de toute petite esplanade (avec une chèvre noire) avec trois marches d’escaliers que descend un chien noir. Derrière la porte, on aperçoit une ruelle. Là encore, la perspective est tronquée et la PDC intègre tout. Le chien et la chèvre sont ce qu’on dirait « bouchés ». Des tâches noires dénuées de tout relief. Des silhouettes. L’homme quant à lui n’a pas l’air très bien, prostré comme il est dans son bac, à regarder parterre. Là encore, ce sont les couleurs qui structurent l’espace, dans ses nuances marron, ocre, orange, terre de Sienne. Mais elles bâtissent un espace sans relief. Ce qu’on voit dans l’encadrure de la porte est difficilement reconnaissable (à vrai dire, je l’ai découvert en m’y arrêtant pour cette « analyse ») : on croirait plutôt une peinture rupestre abstraite tant les zones de lumières et d’ombres sont nettes et tranchées, tant les couleurs s’assortissent au reste de l’image. Et en fait non, c’est une ruelle avec des fils tendus entre les bâtiments, sur lesquels pend du linge ! C’est-à-dire qu’ici, le réel figuratif devient abstrait (moi, ça me faisait penser à des collages de Braque). Le spectateur prospecte, fait des hypothèses, influencé par le reste de l’image qu’il parvient à saisir. Il n’y a pas de relief ni de perspective entière dans cette photo. Et cet homme, en périphérie de l’image, comme déjà en dehors. On ne le regarde pas, on regarde ce qui, dans la composition de l’image, lui répond : cette porte qui nous semble une image, et qui est, finalement, une image dans l’image, mais traitée sur le même mode que celle dans laquelle elle s’intègre, d’où la confusion et la difficulté à cerner. Et ces animaux, comme des silhouettes peintes en noir… Grandiose.

Près de la gare de Liverpool, Londres, 2004.
Sobre et efficace. Structure forte et sans équivoque. A droite et à gauche, un mur de brique. Le centre présente une ouverture rectangulaire, genre porte, donnant sur une rue. On perçoit de l’autre côté de cette rue une vitrine et un mur gris. Derrière le mur de droite, dont on perçoit que la partie gauche du corps, quelqu’un de dos, debout. Et rien d’autre. Ici, HG réduit sa PDC : la rue fait la limite entre la zone de netteté qui intègre les murs de brique quasi symétrique si ce n’était une sorte d’interrupteur sur celui de droite, le personnage (ou plutôt ce bout de personnage) et le trottoir. Au-delà, le flou. Le personnage n’est ainsi pas au centre de la perspective qui aboutit, on l’a dit, à une sorte vitrine floue. L’humain n’est pas au centre. L’humain est décentré, et à moitié figuré seulement. Il est à la périphérie du centre, à moitié visible, à moitié caché. Quoiqu’il en soit, encore une fois, inidentifiable. Avec cette PDC, HG place son personnage au bord de cette frontière entre le net et le flou, entre le vu et le visible, entre ce qui se voit et ce qui se devine. C’est à cette place poreuse et dangereuse qu’il choisit de placer l’humain. Un pas en avant, et il fait partie de ce qui se voit sans se regarder vraiment. Un pas en avant, il est à deviner, et non plus à voir. Si HG se déplace à droite, il disparaît derrière le mur. Si HG se déplace à gauche, on ne parviendrait même pas à le voir en entier. Et puis seule véritable couleur, cette brique si caractéristique du nord. Le reste est gris, sauf ce long manteau, noir, du personnage. Pour une fois, HG s’éloigne de la vivacité et de l’intensité de ces couleurs fauves. Il y a le marron terne de cette brique, et le gris massif qui embue les lignes. C’est rare. Parce que même quand il présente des dominantes grises, HG fait tout péter, et la moindre tâche de couleur prend une importance incroyable au regard.

Souk de Meknès, Maroc, 1981.
Bon, je suis parti pour toutes les décrire ! Je vais faire court. La photo repose sur le même principe que la première qu’on a vue : une zone d’ombre très importante qui semble englober (pour ne pas dire avaler) les zones mises en lumière. Dans la lumière on voit : d’abord un bras et un bout de tronc dans un pull rouge (pas de visage ni rien d’autre), un mur recouvert de tissu ( ??) fleuris, un pot immense qui renferme des citrons confits, des boîtes de conserve rouges sur ce pot, et enfin un petite étalage d’olive avec quelqu’un penché dessus qui semble choisir ses olives. Mais ce quelqu’un porte un habit bleu sombre qui se confond presque avec le fond noir, si bien qu’on ne voit d’abord que ses deux mains. Les couleurs ici font plus que structurer, elles luttent véritablement contre toute cette ombre qui semble assez menaçante, puisqu’elle va jusqu’à masquer les visages, et ainsi, anéantir les identités. Ce qui éclate (au sens de éclatant, brillant), ce sont des choses, ou bien des bouts d’humains qui ne veulent pas sortir de cette ombre qui devient un réel personnage. C’est un réel combat, comme très souvent chez HG, qui se livre entre les couleurs et le noir. Un combat, mais aussi une relation d’interdépendance très forte sans laquelle l’image tomberait : c’est le noir qui donne toute sa valeur et son intensité aux jaunes et aux rouges, et ce sont ce jaune et ce rouge qui donnent à l’ombre son caractère insondable et « indébouchable ». HG est un photographe des couleurs autant que du noir. C’est grâce à ces deux parties qu’il compose, c’est avec et par elles qu’il structure si fortement et si nettement ses photos.
Il y avait la photo noir et blanc. Il y a avec HG la photo noir et couleurs !

Bon, mais il faudrait que je m’arrête. Sinon, je fais tout le bouquin ! Il y a vraiment des chef-d’œuvres, je suis archi fan ! Mais je ne peux pas tout vous dire, et donner à lire ce qui se voit et se regarde ! J’imagine que lire tout ça sans avoir les images sous les yeux, ça doit pas être le must !
Il y a ces photos de rues en Inde, des sortes de chaos invraisemblables, avec toujours cette PDC réglée sur infini qui amortit tout relief et fait coexister des éléments disparates et parfois antithétiques, jusqu’à une totale confusion du réel, ces autres images du Maroc (celle de Ouarzazate !), celle des Etats-Unis (l’aéroport de Salt Lake City ! Manhattan et ce black vêtu de rouge qui regarde l’objectif d’un air patibulaire…), celle des toilettes d’hôtel à Moscou (une claque bleue !)… (En fait, j’ai commenté surtout celles qui me semblaient illustrer le mieux mes propos du début, et pas forcément mes préférées !)
Bon bon… J’espère que ça vous aura donné envie de vous intéresser à ce grand monsieur. Je l’ai découvert par hasard, vraiment. Je suis tombé sur le Photopoche qui lui est consacré (le n°108) à la Fnac de Cannes en Juillet. L’image de couverture a été un « choc esthético-émotionnel intense », et quand j’ai feuilleté, j’ai dit : j’ai trouvé (un maître, parce qu’en photo, je n’avais pas encore d’idole !). J’ai aimé ces perspectives symétriques, ces images étrangement plates, cet effort de lecture, ces couleurs qui ne sont plus là pour leur beauté, mais pour leur fonction et leur langage. J’ai aimé parce que ça ressemblait à ce que je voulais arriver à faire. HG continue de me « conduire » en quelque sorte, et je pense souvent à lui quand je shoote. Je ne veux pas faire pareil, mais au moins comprendre, par la pratique, comment il en est arrivé là, comment il fait, parce que je sens que ma voie est sans doute dans le sillage de ses explorations…

Sa série TV Shots vient d’être rééditée. Sinon, comme déjà indiqué, un volume de la collection Photopoche lui est consacré (108), et c’est, à ma connaissance, le seul ouvrage monographique le concernant. Ah j’oubliais, il est chez Magnum depuis 1981.

PS : petits rappels…
… concernant Giotto : on le considère comme l’un des précurseurs de la perspective, parce qu’il a amené le sens de la proportion : dans ses fresques, un arbre est plus grand qu’un bonhomme, pas comme auparavant où les chevaliers faisaient la taille d’une tour de château fort.
… concernant Matisse : les recherches de Matisse ont concerné la couleur. Il a commencé en faisant partie du mouvement qui s’est appelé Fauvisme (couleurs assez flashies) issu d’un certain impressionnisme. Il a fini sa vie dans son lit et dans un fauteuil roulant à faire des collages (ses premiers et parmi les plus connus datent des années 40, et s’appellent Jazz) : il découpaient aux ciseaux des formes dans de grandes feuilles de couleurs, tranchant ainsi directement dans la couleur, et liant le contour à la couleur dans un seul geste. Et puis après, ils disposaient et collaient. L’impact a été très important (encore aujourd’hui, la publicité s’inspire largement de ce concept).
… concernant Martin Parr : photographe anglais, lui aussi chez Magnum (depuis 1994). Il s’est longtemps intéressé aux objets qui font sens en ce qu’ils témoignent de la société, ou plus exactement d’une classe sociale donnée. Son usage du flash et du gros plan l’amène à des résultats drôles en même tant qu’inquiétants (ses photos de nourriture sont assez nauséabondes malgré leur réalisme). Criard et kitsh volontaire, comme seul les british savent faire du kitsch, son abus du flash lui permet ainsi de rendre les couleurs pétantes (dans des tons souvent rose bonbon), et de créer des images qui seraient des loupes distanciées et ironiques posées sur certaines classes (notamment la moyenne bourgeoisie).
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PostPosted: 06/11/2007 14:03:49    Post subject: Publicité

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clément
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PostPosted: 06/11/2007 17:13:28    Post subject: Harry Gruyaert Reply with quote

Voici un lien vers une page du site de Magnum, avec quelques photos de Harry Gruyaert...

http://www.magnumphotos.com/Archive/C.aspx?VP=Mod_ViewBoxInsertion.ViewBoxI…
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Soizic
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PostPosted: 06/11/2007 18:16:35    Post subject: Harry Gruyaert Reply with quote

Merci Clément pour ton formidable travail. J' ai copié ton texte pour me savourer à l' aise et j' ai foncé voir les photos. Splendide ! J'en aurais naïvement attribué quelques unes à notre ami Francis ! Ou si Harry a copié Francis ?
C'est fantastique cette idée de nous cultiver.
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francis delorge
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PostPosted: 08/11/2007 11:07:59    Post subject: Harry Gruyaert Reply with quote

Merci Clément,

Vous ne pouviez mieux servir l'art d'Harry Gruyaert, qu'en l'abordant par la couleur, et vous venez de le faire magistralement.

Amour que je partage de son oeuvre débutée dés 1970... Premiers pas timides avec le télé, n'osant approcher son sujet, il reviendra par la suite à des focales 50 et 35mm (influence Bresson ?).

Que puis--je ajouter ;

Aprés la plume en or, qu'est la vôtre Clément, votre plume d'oie nous fait voler en couleurs sur l'art de cet homme, ce coloriste.
En parlant de son oeuvre, c'est un peu comme si vous l'aviez épousé, et chacun peut-être jaloux de votre acquis sur votre compréhension descriptive et talentueuse à la décrire.
Vous avez su relier à tout ceci les références picturales avec le mérite d'aller toujours plus moin sur ce chemin difficile "quest-ce que l'art aujourdhui" ?

Que puis- je formuler ?

Que votre publication soit un jour entre les mains de cet Harry Gruyaert... Vous êtes l'homme de la situation pour toutes les préfaces des ouvrages à venir de gens qui le méritent. Parions que HG en conviendrait !
Autre voeux, celui qu'un jour vos propres clichés aient une même destinée...Qu'ils soient reconnus...Déjà sur votre Blog, un Chardin, "Coquetelle" que Picasso ne nierait pas, le 10 bis "d'escalators" qui se trouve sur la voie "Gruyaert".. L'on ressent bien cette affinité.. Demain du "Clement", tout simplement.

Encore un mot sur HG, si vous le permettez..
Voici un photographe qui impose son style, aussi à l'aise sur les lumiéres chaudes des pays lointains que sur la Belgique dont il est originaire.
Il ne déforme pas la réalité, mais laisse place ici à la subjectivité partielle sur un instant vécu.
Voici un homme, et non pas un reporter - qui lui est chargé de montrer les choses - qui nous invite à réfléchir, à aimer l'instant selectionné.
Comme les 7 péchés capitaux, il est revenu par 7 fois au Maroc (récompensé en 1976 par le prix Kodak), son Maroc, est d'autant plus méritoire qu'il s'agit d'un pays ou les hommes ont conservé leurs régles et religion et ou la photo est interdite..Il nous a donné le Maroc caché, des présences sans visage, cette identité sans limites, une autre façon d'être là..Il n'a rien voulu démontrer (si la beauté), mais communiquer une sensibilité, la sienne qui se juxtapose en harmonie au sujet qui l'interesse, l'on ressent chez lui une frénésie visuelle d'accrocher une image pour notre réflexion de ce beau pays caché aux photographes.
Il ira ensuite en Inde, et là ses couleurs savoureuses nous donneront envie de nous y rendre pour découvrir cette civilisation destabilisante pour le regard d'un Europeen.
Ses derniers clichés publiés se meuvent dans la lumiére particuliére du Nord..Curieusement et adroitement ces clichés (sombrent), vers le sombre, du moins le croit-on, vers des teintes sépia colorés (Ostende 1998, une merveille).. Le Touquet (danirog!), ou j'ai reconnu le Thalasso et Nice, ou là il nous fait le coup du Belge, une mer, un ciel sans azur d'une couleur indéfinissable à faire pâlir les adeptes du NB.

En espérant vous l'avoir fait découvrir un peu plus.
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clément
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Joined: 29 Oct 2007
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PostPosted: 08/11/2007 13:55:58    Post subject: Harry Gruyaert Reply with quote

Merci à vous ! Ce petit travail m'a permi de coucher sur papier des idées qui trottent depuis que j'ai découvert HG, et je sens que cette rubrique va me faire le plus grand bien ! Pour ceux que ça intéressent, je peux vous faire parvenir le fichier Word, sans doute moins fastidieux à lire. Il me manque simplement une mise en perspective de son travail, pour voir un peu d'où il vient et qui il a influencé, mais bon, je n'y connais encore pas grand chose.
Oui Francis, vous avez raison de souligner le retour de HG au nord, d'où il extrait des images d'une splendeur incroyable, plus douces peut-être que celles d'Inde ou du Maroc, mais dans lesquelles se retrouve ce travail sur la lumière et l'ombre...
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francis delorge
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PostPosted: 08/11/2007 14:37:11    Post subject: Harry Gruyaert Reply with quote

Si celà peut vous aider clément dans votre quête sur Harry Gruyaert, ce photographe dés les années 1976 a été intéressé par les tavaux de William Eggleston, de Stephen Shore et joël Meyerovitch... Trés curieusement, les photographes qu'il préfére travaillent en NB .
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danirog
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PostPosted: 08/11/2007 16:10:21    Post subject: Harry Gruyaert Reply with quote

Là c'est du sérieux, quel travail, Clément Okay
tu peux me faire parvenir le texte sous fichier word STP ?
merci
_________________
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clément
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PostPosted: 08/11/2007 20:16:17    Post subject: Harry Gruyaert Reply with quote

Sans problème. Je ne suis pas sur mon ordi, donc je n'ai pas le fichier "sur moi". Envoie-moi ton mail par MP ou sur mon mail, et je te faire parvenir ça dans le week-end.
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francis delorge
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PostPosted: 10/11/2007 14:30:49    Post subject: Harry Gruyaert Reply with quote

Il est également possible de se procurer les photos d'Harry gruyaert, avec la collection "Les grands photographes de Magnum photos"..
www.hachette-collections.com...Un numéro = 8,90 euros... (Format 21 x29) en belle qualité et" Harry Gruyaert, qui parle de lui même. (30 photos avec certaines sur double page.
Phone : 08 20 O1 64 27
C'est une collection abordable des grands qui vivent encore ou ne sont plus... Une véritable Ecole visuelle.
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Cédric
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PostPosted: 13/11/2007 10:05:16    Post subject: Harry Gruyaert Reply with quote

Trés bon travail Clément. Merci pour ce lien vers les photos magnifiques de HG que je connaissais un peu via un bouquin que j'ai à la maison qui présente ses TV Shots.

Pour moi sa grand force n'est pas seulement de jouer avec ces couleurs sublimes et équilibrées, mais également et surtout de provoquer la rencontre entre deux niveaux de perception : la réalité première du sujet photographié qui se superpose avec la réalité colorée de l'oeuvre graphique pensée par le photographe, formant une double image visuelle et mentale, chacune possédant sa propre zone de recouvrement.

On dit qu'à la fin d'une blague le rire nait du décalage entre deux perceptions : les photos de HG nous font effectivement rire, nous communiquent cette humeur joyeuse tant recherchée (le bonheur ?).
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amati
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PostPosted: 12/01/2008 09:06:52    Post subject: Harry Gruyaert Reply with quote

écriture exacte, lisse, facile à lire, plaisante et propos de choix = quel talent ! merci de nous prêter ta vision juste avec brio... chapeau bas !

c'est enfin et culturellement un espace dédié qui sort de L'ORDINAIRE tout en restant abordable, s'instruire est avant tout une démarche volontaire pour limiter l'ignorance; cet espace de partage démontre bien que les gens d'ici y ont à partager autre chose que ce qui se trouve ailleurs... merci à Francis de m'y avoir initier, à vous de l'avoir fait et de l'entretenir de cette façon qualitative... il ne reste plus qu'à être à la hauteur... franchement vous mettez la barre un peu haut!
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PostPosted: 21/09/2019 17:06:40    Post subject: Harry Gruyaert

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